Retour à l'accueil | Spécial Covid-19 | Mourir au temps du Covid-19

Entre mars et juin 2020, le nombre de personnes décédées du Covid-19 nous a été transmis par les médias chaque soir, accompagné de commentaires soulignant l’évolution de l’épidémie. Ces chiffres ont eu un effet paradoxal : d’un côté ils ont alimenté la peur et le trauma collectifs ; d’un autre ils ont contribué à voiler la nature et la violence des drames vécus, par définition toujours singuliers. Derrière ces chiffres se cachaient des fins de vie d’hommes et de femmes, privés durant leurs derniers jours de la présence d’un visage familier à leur côté, mais aussi des soignants, tentant de faire au mieux pour les accompagner, loin de l’image héroïque que l’on cherchait à leur donner.
Autre paradoxe des médias qui, alors qu’ils martelaient chaque jour le nombre de victimes, rendaient inaudibles le travail d’accompagnement de fin de vie en convoquant l’imaginaire social du héros risquant sa vie pour sauver celle des autres.


Nous entendons que cette crise sanitaire a été l’opportunité pour les soignants de se réapproprier l’organisation du travail face aux gestionnaires, de faire à nouveau l’expérience de la coopération, de retrouver le sens du métier. C’est en partie vrai, mais en partie
seulement. Paradoxalement, c’est tout l’inverse qui s’est passé en unités de soins palliatifs, ces services hospitaliers spécialisés dans l’accueil de personnes qui, à échéances diverses, sont arrivées à la fin de leur vie. Ce mouvement de soin, assez méconnu du grand public, représente dans notre société la pointe avancée d’une culture professionnelle de l’accompagnement. Leur éthique se structure autour de principes comme l’interdisciplinarité, le soulagement de la douleur, l’apaisement de la souffrance et le soin apporté aux proches des patients.

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