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C'est l'histoire d'un saignement de nez. Rien de plus banal. Comprimez pendant 10 minutes les narines et il n'y paraîtra plus. Vous voyez : plus de peur que de mal ! Mais ce soir, c'est l'angoisse. L'enfant qui saigne du nez crache des caillots à n'en plus finir. Les parents racontent que l'épisode a commencé deux jours auparavant pour ne jamais s’arrêter. La compression, les compresses dans le nez, l'adrénaline sur les compresses n'y font rien : il saigne toujours.  


L’hémocue affiche 3g/dl. Les Medical Assistants me regardent et attendent de moi une solution. L’un deux a déjà prévu la transfusion. J’aimerais appeler l’ORL de garde. Mais ici, il n’y en a pas. Ou alors appeler mon chef. Mais ici, mon chef, c’est moi. Ici, c’est Aweil, au Soudan du Sud. Plus jeune pays du monde : la sécession de la République du Soudan a eu lieu le 9 juillet 2011. Aweil est la capitale de l’État du Bahr El Gazal du Nord, un état frontalier avec le Soudan. Médecins sans frontières (MSF) a décidé de m’envoyer dans cet hôpital pédiatrique pour six mois, entre novembre 2012 et avril 2013. J’avais posé ma demande de disponibilité auprès de l’AP-HP après mon sixième semestre, au moment où beaucoup de mes amis débutaient leurs Master 2. L’aventure humanitaire m’avait toujours tenté : il était temps d’y goûter.   Atterrissage   Pour la première fois, je prends un de ces petits avions à hélice estampillés « Nations unies » entre Juba – la capitale – et Aweil. La...

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