Retour à l'accueil | Relation de soin | Le consentement, entre souveraineté et allégeance

La montée en puissance du consentement comme critère ultime de légitimité dans notre société n’est pas sans implications sur la nature de la relation soignante. Mais qu’est-ce que consentir, en particulier s’agissant de l’acte de soin ? Entre les deux pentes glissantes de la soumission et de l’exigence se dessine la ligne de crête, toujours à réinventer, du consentement mutuel et de la décision partagée.


 Que ce soit pour s’en réjouir ou s’en offusquer, chacun d’entre nous peut le constater : la place de la liberté individuelle tend à s’accroître dans notre société, et la conscience de soi à prendre le pas sur la conscience des règles – dans les faits comme dans les discours, même si les décalages foisonnent. Signe, voire symbole de cette évolution vers l’émancipation du sujet, on voit le consentement opérer une ascension fulgurante à la bourse des valeurs éthiques. Au point qu’il est en passe de devenir le critère ultime – à la fois nécessaire et suffisant – pour légitimer moralement nos actes. D’où le malaise, voire la sidération que peut éprouver le soignant confronté à une demande d’euthanasie au motif que la vie n’est plus vivable : si Untel demande la mort, c’est qu’il y consent, et rien ne saurait dès lors le contredire en s’opposant à l’exécution de cette dernière liberté qui résonne, raisonne et arraisonne comme une exigence irréfragable. On le voit bien : la montée en...

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