Retour à l'accueil | Recension | Éloge de la faiblesse

 


 Le jeune philosophe vient à notre rencontre. Quelle joie ! Alexandre Jollien fait l’« Éloge de la faiblesse ». Sa première faiblesse, c’est son handicap moteur congénital.
Ce livre n’est pas nouveau mais il vient d’être publié sous format de poche, une consécration et une occasion pour en parler.
 
L’auteur ne semble pas vouloir utiliser le mot « bioéthique » ; il prend le chemin de la philosophie pour rencontrer nos questionnements les plus profonds. Il choisit d’écrire sa vie sous la forme d’un dialogue très vivant avec Socrate. Il parle avec vérité de son enfance et de son éveil aux questions philosophiques. Son approche est accessible à chacun d’entre nous.
De manière très simple, sans revendiquer de droits ni laisser poindre aucun goût de revanche, il vient nous réconcilier avec nous-même. Il purifie notre regard sur le handicap ou la maladie.
 
On nous ordonne de réussir notre vie ! Mais, semble dire l’auteur, si nous pensons y parvenir à la force du poignet, en n’exposant que nos forces et nos qualités, nous ne pouvons que nous abîmer les uns les autres. Pour connaître la joie qui jaillit de ce livre, il nous faut devenir plus doux et plus juste. Être normal ne suffit plus. Mais qu’est-ce qu’être normal ? Une question travaillée ici en toute simplicité.
 
Les pistes ouvertes sont nombreuses. La différence et la souffrance sont bien présentes, mais la joie et la liberté se laissent découvrir où on ne les attendait pas. Alexandre Jollien tisse des liens entre « comprendre » et « pardonner ». Il montre qu’un cadre éducatif ferme n’exclut ni la souplesse ni le soutien. Il manifeste l’incompatibilité entre pitié et amour. Il redéfinit la fraternité.
 
Ce petit livre est un trésor pour tous ceux qui sont confrontés au handicap, mais aussi pour tous les éducateurs – parmi lesquels, bien sûr, les parents.

Rechercher un article

Recherche avancée

S'inscrire à la newsletter


Formations