Retour à l'accueil | Recension | La gestation pour autrui

N°4/2013

La gestation pour autrui

Fictions et réalité

Claire Poisson,

 


Ce petit livre, au contenu très riche, permet de comprendre combien les bons sentiments avec lesquels les tenants de la gestation pour autrui (GPA) voudraient nous convaincre de son bien-fondé, ne tiennent pas face à une tout autre réalité.
En effet, après avoir rappelé le contexte dans lequel s’inscrit aujourd’hui le débat sur la GPA, l’auteur (1) inventorie les conséquences possibles d’une légalisation de cette pratique, et ce en quatre chapitres annonciateurs d’une société bien peu enviable : « Des mères incertaines », « Des enfants-produits », « Des femmes à disposition », « Un prolétariat reproductif ».
 
Une telle société verrait l’émergence de femmes dépossédées d’elles-mêmes, privées de l’enfant qu’elles auront porté à leurs risques et périls, d’enfants cédés contre de l’argent, coupés de leurs racines biologiques… Aussi la convention entre une mère porteuse et les parents commanditaires n’irait-elle pas sans générer des difficultés de tous ordres – juridiques en particulier. Toutes ces questions sont présentées de manière très vivante, claire et accessible aux non-juristes. Les développements sont étayés de nombreux exemples tirés d’une jurisprudence américaine longue de vingt ans, et de multiples ouvertures sur d’autres disciplines viennent les compléter et les éclairer. L’argumentation s’achève en une vive mise en garde contre « l’exploitation de femmes socialement défavorisées ».
Ainsi les raisonnements fallacieux sont-ils minutieusement démontés, les fictions dévoilées qui laissent apparaître une bien triste réalité… « On nous endort ainsi avec des histoires d’amour et de don, alors que la réalité est que la mère porteuse doit, juridiquement, abandonner et céder son enfant. » 

(1) Professeur de Droit à l’Université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne). 

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