Retour à l'accueil | Recension | Du bon usage de la compassion

 


Il faut lire et relire ce petit livre très dense pour en assimiler toutes les richesses. Contrastant avec la taille de l’ouvrage, les réflexions menées et les messages qui en découlent sont multiples. Je n’en retiendrai ici que trois, avec le désir d’inviter chacun à lire l’ensemble.
Un premier message nous est livré en exergue avec l'histoire de cette fillette de 2 ans, écrasée par deux véhicules dans une ville chinoise ; dix personnes sont passées à côté d’elle sans s’arrêter avant qu'une chiffonnière soit touchée de compassion. À travers cette histoire d’aujourd’hui qui renouvelle la parabole du bon Samaritain, Jacques Ricot nous provoque d’emblée à nous centrer sur la personne fragile. De plus, tout comme l’homme blessé de l'Évangile, la petite fille chinoise nous rappelle que « la compassion doit être motrice pour ne pas être stérile comme l’est parfois un apitoiement se tenant à distance ».
Le chapitre « Compatir, c’est pâtir » nous invite notamment à réfléchir sur la racine du mot compassion, entre pâtir (patior) et avec (cum). Et Jacques Ricot précise : « La compassion est une expérience particulière du pâtir, celle qui reçoit en partage la souffrance d'autrui et ce pâtir […] est disponibilité active au monde, à autrui. »
Dans le dernier chapitre, l’auteur s’interroge sur le rapport entre la compassion et la responsabilité morale : « La compassion est-elle une disposition qui ouvre à une vie bonne, est-elle un instrument pertinent pour évaluer la conformité de nos actions à nos devoirs ? » La réflexion menée s’enrichit des apports de plusieurs philosophes du XVIIIe siècle au XXe siècle, mais Jacques Ricot nous offre sa propre conclusion : « Si la compassion ne peut en aucune façon fournir le socle sur lequel s'édifierait la morale, elle est ce sans quoi aucune vie morale ne serait possible. »  

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