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N°1/2015

Biotechnologies : quelles conséquences sur l'homme à venir ?

Procréation humaine, utilisation des cellules souches. données scientifiques et réflexives à la portée de tous - par Elisabeth Matthis-Rochon et Pierre Savatier - L'Harmattan, Paris, 2012, 86 p.

François Beaufils, Ancien Chef du Service de Pédatrie-Réanimation, Hôpital Robert Debré, AP-HP – Paris, Rédacteur en chef de la revue Laennec

 


Les débats sociétaux sur l’assistance médicale à la procréation sont aujourd’hui en suspens du fait d’une actualité mouvante. Nul doute qu’ils reprendront dans les prochains mois. Aussi paraît-il utile à Laennec de signaler le fascicule sur les biotechnologies publié en 2012 aux éditions L’Harmattan, par deux chercheurs qui se sont particulièrement intéressés aux recherches sur les cellules souches et la vie embryonnaire. 
En un peu plus de quatre-vingts pages, les auteurs offrent une synthèse extrêmement claire des questions relatives à la procréation. 
 
La première partie expose de manière très pédagogique, dans un énoncé illustré de schémas, tous les aspects de la procréation humaine et de la procréation médicalement assistée ; viennent ensuite les questions relatives aux cellules souches et à leur utilisation éventuelle. 
Il est dès lors possible pour le lecteur d’aborder les chapitres consacrés à la bioéthique et aux questions sociétales qui, pour une grande partie d’entre elles, interrogent le plus la société du XXIe siècle. 
Le chapitre sur la PMA – ou procréation médicalement assistée, qu’il vaudrait mieux nommer « assistance médicale à la procréation » – commence avec les multiples débats concernant l’embryon : les questionnements relatifs à son « statut » (l’embryon est-il une personne ?), le problème des embryons surnuméraires, les enjeux de la recherche sur l’embryon, le diagnostic préimplantatoire (DPI) et le diagnostic prénatal (DPN)… DPI et DPN sont l’occasion d’évoquer le risque « d’eugénisme » et de soulever, plus subtilement, la question de l’acceptation des anomalies et des fragilités de l’homme. 
Sont encore abordées la gestation pour autrui (GPA), les dons de gamètes et d’embryon, avant que soient traités les enjeux de la filiation comme « conséquence des nouvelles possibilités de filiation ». Ces dernières pages sont très brèves au regard de l’ampleur des interrogations posées. Elles conduisent les auteurs à dire que « la société déstabilisée doit donc réfléchir, s’organiser pour se construire un avenir renouvelé et harmonieux ». 
 
Peut-on les suivre dans leur conclusion ? « Face à ces bouleversements, nous sommes appelés à changer nos mentalités, à faire du nouveau, à construire l’homme du XXIe siècle. Ces changements ne doivent pas être subis mais réfléchis »… 
Ces pages très denses offrent largement matière à débattre. Elles pourront être le point de départ de questionnements très riches pour les étudiants en médecine et pour tous ceux qu’intéressent les enjeux de la procréation. 
 
 

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