couverture avril 2017

La revue Laennec
N°2/2017

Edito : La Personne au cœur des questions de santé

Au moment où les médias occupent – saturent souvent – nos yeux, nos oreilles, nos esprits, par d’innombrables informations, nous proposons avec ce numéro de Laennec quatre articles au cœur desquels la Personne dans sa singularité est honorée. C’est bien d’une Personne qu’il s’agit dans le témoignage de Jeanne et Sébastien. Informés par les spécialistes que l’enfant attendu par Jeanne est gravement malformé et ne pourra pas vivre, ils excluent d’emblée le recours à une interruption de grossesse. Dans ce choix, ils veulent tout simplement accompagner

Augustin dans sa vie aussi brève soit-elle. Présent in utero, il est pour eux une personne. Ils ne demandent pas que lui soit réservé un avenir impossible, mais ils veulent être avec lui jusqu’au terme de sa trop courte vie.

Présenter les personnes polyhandicapées dans la diversité, la complexité, la multitude des causes de handicap, c’est favoriser leur reconnaissance et leur intégration dans la société de telle sorte que leur prise en charge soit mieux assurée, que leurs besoins spécifiques soient davantage reconnus comme devant être satisfaits et que leurs familles et leur entourage soient toujours soutenus. C’est le témoignage que nous offre le Professeur Ponsot pour qui il a été naturel – même s’il ne le dit pas – de leur consacrer sa vie professionnelle pour promouvoir leur accueil dans la société.

Dans cette même perspective, Robin Bastien et Marie-Claire Haelewyck proposent une riche réflexion sur la manière d’accompagner les personnes avec déficience intellectuelle vers une plus grande autodétermination pour qu’elles puissent mieux prendre en charge leur santé. De manière très utile, une analyse des déterminants de leurs problèmes de santé est faite ; elle rappelle que « la pauvreté, très fréquente au sein de cette population, est un réel obstacle à leur accès aux soins ».

Sur un autre registre, Clotilde Oudot, infirmière auprès de patients atteints de cancer, consacre sa réflexion sur la manière différente de vivre le temps pour les soignants et pour les patients. Parler du temps « peut nous aider à éclairer la relation entre soignant et soigné, nous permettre de poser la question du sens de nos journées et donner un relief à notre travail et à nos accompagnements ».

Enfin, c’est bien la Personne qui est mobilisée quand les autorités de santé l’invitent à rédiger des directives anticipées au cas où, au terme de sa vie, elle ne serait plus en mesure d’exprimer sa volonté dans les soins prodigués.


La Rédaction,

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