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La revue Laennec
N°1/2012

Edito : Edito

Fidélité à la ligne éditoriale, modernisation de la gestion administrative, ouverture du site « revue Laennec », création d’une formule électronique, développement du lectorat des étudiants en médecine… les horizons de notre revue s’élargissent, son avenir s’éclaire !
La revue Laennec a pris la suite des Cahiers Laennec dont le premier numéro date de 1934. Dans deux ans, en 2014, notre revue fêtera ses 80 ans. Dans le domaine de la réflexion sur l’éthique biomédicale et les questions de santé, elle occupe une place unique parmi les publications de langue française, de par son inspiration, son ouverture, sa liberté éditoriale. Son enracinement dans le Centre de formation des étudiants enmédecine, l’appui d’un réseau important de praticiens, la richesse des collaborations que lui procurent ses nombreux amis font sa force et assurent sa pérennité. À diverses étapes de son histoire, elle a su se renouveler ; la dernière modification substantielle en date remonte à onze ans. Aujourd’hui, les défis auxquels Laennec doit faire face sont pluriels : il lui faut intégrer les technologies modernes, augmenter le nombre des abonnements, modifier sa relation au lectorat étudiant qui constitue dans une large mesure son avenir, et adapter son administration à la dynamique de croissance ainsi amorcée. Relever ces défis élargira le rayonnement de la revue et contribuera à réduire un déséquilibre financier chronique, inévitablement aggravé par les lourds investissements que suppose une mise en ligne inéluctable aujourd’hui.
Une proche mise en ligne, un site bientôt opérationnel
Les technologies les plus récentes ouvrent des horizons nouveaux pour une revue comme Laennec dont le champ d’intérêt est spécifique – questions d’éthique biomédicale et domaine de la santé – mais dont le lectorat potentiel est large. En effet, il ne comprend pas seulement les médecins spécialistes et généralistes, les sages-femmes, les infirmières, les bénévoles des hôpitaux et plus particulièrement des institutions de soins palliatifs, les aumôniers d’hôpitaux, les étudiants en médecine, mais encore les universitaires des disciplines liées à la santé, au droit, à la philosophie, les éthiciens… plus largement, tous ces hommes et ces femmes qui souhaitent ne pas être soumis à la « dictature de l’émotion », selon les mots de Patrick Verspieren, et apprécieraient de partager une réflexion stimulée tout à la fois par l’expérience personnelle ou professionnelle, la raison et la capacité de compassion. Au regard de cette analyse, on peut considérer que le rayonnement de notre revue pourrait et devrait être encore plus vaste. Ces dernières années, son tirage a oscillé entre 1650 et 1900 exemplaires, le nombre de ses abonnés non-étudiants a fluctué entre 900 et 1100. Ces chiffres sont tout à fait honorables pour une publication de cette catégorie. Néanmoins, notre lectorat en puissance est beaucoup plus important que ce que permettent les actuelles modalités de diffusion. Dans cette perspective, il est apparu clairement voilà trois ans au comité de rédaction, à la direction et au conseil d’administration du Centre Laennec que s’imposaient la création d’un site consacré à la revue, la numérisation de celle-ci et sa mise en ligne.

L’année 2012 verra normalement l’aboutissement du travail accompli par tous depuis lors. Laennec entrera dans un bouquet de la plate-forme Cairn qui a le grand intérêt d’être diffusé dans 400 universités et grands organismes nationaux ou internationaux de langue française, en France bien sûr, mais
aussi en Suisse, en Belgique, au Canada, etc. L’acceptation par ce groupe franco-belge était un préalable à l’ouverture du site puisque c’est Cairn qui va assurer la numérisation et l’introduction sur la toile de tous les numéros depuis l’année 2002, ainsi que la mise en ligne de chaque nouvelle livraison. Bien évidemment, nous resterons fidèles à la diffusion papier qui permet la lecture aisée, reposante et confortable d’une revue au graphisme clair et à la présentation agréable à laquelle tiennent nos abonnés ; mais la diffusion électronique est aujourd’hui une nécessité pour améliorer le service que nous rendons à nos lecteurs. Elle permettra, grâce à l’ordinateur, au portable ou au smartphone de retrouver un article même quand le volume concerné n’est pas à portée de main, de le lire à l’université ou à l’hôpital, dans le train ou à la maison. Elle devrait aussi assurer à Laennec une notoriété croissante, auprès de publics que nous n’aurions pu rejoindre sans cette nouvelle technologie. Les abonnés individuels à la revue-papier auront librement accès aux numéros sur le Net selon des modalités qui leur seront précisées au printemps. La mise en ligne est en effet prévue à partir de septembre 2012. À condition de donner leur adresse-mail, ils recevront avant parution la newsletter qui leur annoncera les articles à paraître dans les numéros suivants et ceux qui seront en préparation.
Abonnements étudiants : de la gratuité à la responsabilité
La revue Laennec tirait en 2011 à près de 2000 exemplaires. Elle était adressée chaque trimestre à environ 1100 abonnés auxquels s’ajoutaient 220 abonnements souscrits au profit d’étudiants en médecine de Lyon et 460 « abonnés captifs », étudiants du Centre Laennec qui la recevaient automatiquement… et gratuitement. Le reste des exemplaires était disponible pour la vente au numéro. Désormais, les étudiants du Centre Laennec qui souhaitent recevoir la revue doivent eux aussi souscrire un abonnement. Il nous est en effet apparu que la gratuité dévalorisait ce produit culturel que constitue Laennec. Nous avons donc souhaité, avec nos conseillers, redonner du prix à cette revue qui a un coût, d’une part, et qui revêt d’autre part une grande valeur de réflexion et de formation. La campagne d’abonnements inaugurée au mois de septembre auprès de ce jeune lectorat parisien a déjà suscité plus de 200 nouveaux abonnements, et nous espérons approcher fin janvier le chiffre de 300. Si nous ajoutons les 220 abonnés étudiants en médecine lyonnais, nous devrions au total compter environ 500 abonnés étudiants. Grâce à eux, l’âge moyen de notre lectorat est, par comparaison avec des revues de même profil, l’un des moins élevés.
Un défi permanent : le développement de notre lectorat
Comment ne pas nous réjouir de contribuer à la formation éthique et à la réflexion de ces futurs praticiens, sagesfemmes ou pharmaciens ? Nous pouvons espérer aussi que, devenus professionnels, beaucoup d’entre eux resteront des lecteurs fidèles de la revue qui les aura accompagnés pendant leurs années universitaires, et contribueront à assurer le renouvellement et l’avenir de notre publication. Les abonnements étudiants à prix réduits, s’ils concourent à limiter le déficit de la revue, ne jouent qu’un rôle limité dans le rétablissement des équilibres. Il nous faut absolument conquérir d’autres lecteurs. L’objectif est d’atteindre dès la fin de l’année 2012, en sus des 500 abonnés étudiants, 1250 abonnés payants, ce qui suppose que nous trouvions environ 150 nouveaux souscripteurs. À la fin de chaque numéro de la revue, vous trouvez un bulletin d’abonnement qu’il est facile de reproduire pour l’adresser à vos relations. Nous comptons sur nos abonnés pour nous aider dans cet élargissement du lectorat de Laennec, qui contribuera en outre au rétablissement de l’équilibre financier, garantie de l’avenir. La modernisation de la gestion des abonnements Le traitement administratif des abonnements était jusqu’ici réalisé par le Centre Laennec de manière efficace mais relativement artisanale. Pour des raisons internes, il est apparu opportun d’en confier une partie à la SER (Société d’Édition de Revues), située dans l’immeuble voisin du nôtre. Ces professionnels amis, qui gèrent déjà les revues Études, Christus, Projet et bien d’autres, disposent d’une organisation puissante et de logiciels de gestion très performants. La formule devrait donner toute satisfaction à nos lecteurs qui sont désormais invités à envoyer le renouvellement de leurs abonnements à l’adresse suivante : SER – revue Laennec, 14 rue d’Assas – 75006 Paris. Les abonnements des lecteurs « Amis de Laennec », quant à eux, continuent d’être gérés directement par le Centre et doivent donc être envoyés à l’adresse habituelle.
Une nécessité : rechercher l’équilibre financier

Comme une grande partie de la presse écrite, la revue Laennec est actuellement déficitaire (1). Ce déficit est susceptible d’être accentué en 2011 et 2012 par l’investissement prometteur qu’est la mise en ligne et par la nécessité de confier l’administration des abonnements à la SER. Le plan d’assainissement approuvé par le conseil d’administration du Centre Laennec au printemps 2011 devrait permettre d’améliorer sensiblement la situation financière dès 2013 (2). Une gestion et une communication au service de la réflexion Après ces diverses informations très concrètes, il n’est pas inutile de redire – même si cela va de soi – que toutes ces considérations n’ont de sens qu’en ce qu’elles visent à maintenir largement et durablement ouvert l’espace de réflexion que propose Laennec face à certaines interrogations de notre société. C’est bien la qualité et l’intérêt reconnus à notre revue en matière de santé et d’éthique qui justifient que l’on se soucie activement de son rayonnement et de sa pérennité. Et bien sûr, l’intérêt d’une revue réside avant tout dans la qualité des articles qu’elle publie. Les réflexions de Claire Legras que vous découvrirez dans le présent numéro sur l’évolution du concept de « projet parental » traitent,magistralement à notre point de vue, d’enjeux majeurs pour notre société. L’analyse comparée menée par un étudiant de DCEM3 entre la formation reçue l’été dernier au cours d’un stage à Montréal et son expérience universitaire et hospitalière en France est particulièrement stimulante. Marie- Noëlle Vacheron et Xavier Laqueille abordent, avec le recul et les nuances que nécessite un sujet largement controversé, la récente réforme des soins psychiatriques sous contrainte. Enfin, Xavier Laqueille et Kjetil Liot approfondissent, à partir de leur expérience clinique, les questions éthiques que soulèvent, en France, les campagnes pour la dépénalisation du cannabis ; ils contribuent ainsi à éclairer avec de solides éléments le débat récurrent sur cette question. Conclusion La fin de l’année 2011 a été marquée par un climat de crise financière et une tentation de morosité collective, en Europe en général et en France en particulier. Les voeux que nous présentons à nos lecteurs voudraient, dans ce contexte, ne pas être formels. Ils se fondent sur la conviction que les dynamismes qui sont à l’oeuvre dans notre société et dans le monde de la santé en particulier, la qualité des réflexions et des recherches qui se déploient dans les domaines de l’éthique biomédicale et de la médecine, le dévouement des collaborations qui sont le trésor de notre modeste institution comme de beaucoup d’autres associations sont des signes forts d’espérance et des atouts pour que, collectivement et personnellement, nous puissions, les uns et les autres, contribuer à relever les petits et grands défis qui se présenteront au cours de cette nouvelle année 2012.

 (1) Le trou annuel atteint près de 20 000 €.
(2) L’augmentation (très modérée) du prix des abonnements, l’accroissement espéré du nombre des abonnés « tous publics », le remplacement des envois gratuits aux membres de notre Centre par des abonnementsétudiants payants, le paiement en ligne des articles qui seront lus par des non-abonnés, l’accroissement de la vente de nos numéros spéciaux… sont les principaux éléments de cette politique.


Langue Patrick, s.j.

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