couv laennec 2009-4

La revue Laennec
N°4/2009

Edito :

Plus que toute autre discipline médicale, la réanimation demande de savoir décider au moment opportun : opter ou non pour l’hospitalisation en unité de réanimation lorsque la question se pose ; entreprendre, maintenir, limiter ou arrêter les traitements lorsque le bienfondé de ce qui a été mis en oeuvre est interrogé par la situation médicale ou par son évolution. Dès l’avènement de la réanimation, dans les années soixante, il est apparu que la sagesse et l’humanité imposaient aussi bien de savoir agir rapidement que d’accepter de ne pas toujours aller jusqu’au bout du possible. N’ont pas manqué les groupes de réflexion qui ont formulé des recommandations. Adoptées à une période donnée, ces recommandations se sont trouvées questionnées ultérieurement par l’évolution des techniques et/ou par une maturation de la réflexion à la lumière de l’expérience des différentes équipes en France et à l’étranger. Dans les dix à quinze dernières années, plusieurs facteurs ont conduit à ré-évaluer les pratiques et à reformuler les recommandations. Sans être exhaustif, on peut mentionner :
  • l’évolution des pathologies et des recrutements – par exemple la nécessité de faire face aux complications des traitements en cancérologie ou aux suites chirurgicales difficiles d’interventions de plus en plus audacieuses ;
  •  l’admission de personnes âgées dont l’état physiologique est bien meilleur qu’il ne l’aurait été au même âge dans les décennies précédentes ;
  • à l’opposé, la prise en charge de plus en plus précoce, au tout début de la vie, de l’extrême prématurité…
  • et, plus généralement, les progrès des techniques médicales et les résultats obtenus, ou la modification des demandes des malades et de leur famille…
     
Où en est-on aujourd’hui ? La législation encadre désormais plus étroitement l’exercice de la médecine, tout en apportant une légitimité à des décisions difficiles à prendre. Elle reconnaît une plus grande place à la famille. La réflexion éthique s’est développée. Le colloque organisé le 7 mars 2009 par le Centre Sèvres, le Centre et la revue Laennec, et l’Association les Amis de Laennec (1) a souhaité rendre compte de ces transformations, en s’attachant particulièrement aux modalités de prise de décision et aux acteurs qui y prennent part. Dans une première partie, un néonatalogiste, un pédiatre réanimateur et un réanimateur d’adultes ont accepté de témoigner de leur expérience et fait ressortir les points communs et les spécificités de leurs disciplines respectives. Dans la deuxième partie, un pédiatre réanimateur et une pédiatre se consacrant aux soins palliatifs ont abordé la question des soins à mettre en oeuvre dans les cas d’abstention ou d’arrêt de réanimation ; leur réflexion intégrait le point de vue des malades et de leur famille mais aussi celui des équipes soignantes confrontées à ces situations. Une table ronde coordonnée par le Professeur François Lemaire, réanimateur d’adultes, a permis un débat très ouvert entre les orateurs et avec la salle.

Laennec
est très reconnaissant aux intervenants d’avoir donné, dans un délai très court, des textes d’une grande richesse. Ces derniers s’inscrivent dans les débats en cours pour la révision des lois de bioéthique au moment où les députés vont se mettre au travail. Nous espérons qu’ils aideront nos lecteurs à saisir l’ampleur des questions qui se posent et se poseront de plus en plus à une médecine soucieuse de toujours progresser, mais inévitablement affrontée à des défis qu’elle-même fait naître.
 
(1) «Décision médicale et réanimation. Évolution des recommandations et des pratiques ».

 

,

Rechercher un article

Recherche avancée

S'inscrire à la newsletter