couv laennec 2010 -3

La revue Laennec
N°3/2010

Edito :

Au moment où nous nous apprêtons à mettre ce numéro de Laennec sous presse, plusieurs milliers d’étudiants en médecine en fin de deuxième cycle passent l’examen terminal classant au terme duquel ils seront appelés à choisir, en fonction de leur rang, leur spécialité et leur mode d’exercice pour les 30 à 40 années à venir. Belle occasion pour réfléchir à leur avenir à propos de deux situations bien différentes : l’exercice de la chirurgie et celui de la médecine générale.

Quelle idée se font les étudiants de l’exercice de la chirurgie ? Quelle part d’humanité marquera leurs décisions et leurs gestes ? L’article du docteur Michel Caillol publié dans ce numéro ouvre un questionnement intéressant sur ce que peut être l’exercice de la chirurgie orthopédique, sur la manière de considérer le patient, sur la nécessité de « l’objectiver » pour reprendre l’expression de notre auteur, afin de se donner toutes les chances non seulement de « bien faire », c’est-à-dire de bien l’opérer,mais encore de « faire le bien », c’est-à-dire de lui faire du bien – ce qui passe éventuellement par le fait de renoncer à une intervention inutile ou vouée à l’échec.

Bien différent est le cheminement que nous proposons pour réfléchir à l’avenir de la médecine générale. Il y a déjà un certain nombre d’années que celui-ci est questionné. Tout le monde sait que le nombre de médecins généralistes va en diminuant, que les modalités d’exercice sont de plus en plus difficiles, que de profondes inquiétudes existent, dans un grand nombre de régions de France, quant aux possibilités pour les patients d’avoir accès à un généraliste. Mais n’a-t-on pas trop l’habitude de parler de ce praticien à la troisième personne, de dire à sa place qui il est, ce qui le satisfait et ce qu’il ne veut pas ? Parce que le médecin généraliste de notre enfance tend à disparaître, n’avons-nous pas tendance à penser que, effectivement, cette spécialité n’a plus d’avenir ?

Plutôt que de solliciter un ou des articles sur la médecine générale, Laennec a choisi de donner directement la parole à plusieurs praticiens réunis pendant quatre heures dans le bureau de la revue. L’un installé en cabinet à Paris, l’autre associée à une consoeur en banlieue, un troisième praticien hospitalier à 80 km de Paris, le quatrième fidèle à SOS Médecins depuis 25 ans, nos médecins généralistes ont des modes d’exercice bien différents. À eux quatre, ils couvrent un champ de la profession relativement disparate. Mais ils partagent un regard lucide et sans complaisance sur leur métier, et simultanément revendiquent leur bonheur de l’exercer.

Chirurgie, médecine générale : deux modalités d’exercice, une même priorité donnée à la personne.
  
 

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