L’exercice psychiatrique en milieu carcéral rencontre des difficultés particulières, liées à deux cultures et deux objectifs antinomiques : d’un côté, la prévention et l’accès du patient au soin ; de l’autre, la sanction et la surveillance du détenu. Après un bref retour sur l’histoire de la psychiatrie des origines à nos jours, les auteurs présentent ses rapports actuels avec la prison et analysent les problématiques en jeu.  


L’exercice de la psychiatrie en milieu pénitentiaire pose des problèmes anciens et complexes. Anciens, car depuis bien longtemps l’homme a cherché à enfermer, éloigner, cacher tout ce qui appartenait au domaine de la folie. Complexes, car la prison tend à devenir un domaine d’intervention publique où s’exercent une double volonté et un double rôle mêlant santé et justice. Or, peut-on en même temps « soigner et punir » ? Aujourd’hui, la surpopulation des prisons et les difficultés qui en résultent, tout comme les faits-divers liés à des récidives, font régulièrement la une des médias : impossible d’y échapper. Dans ce contexte, la pression sociale et la société « surprotectrice » dans laquelle nous vivons ne ménagent qu’une place ténue aux détenus et malades mentaux. L’état des lieux est alarmant, marqué par une dégradation des conditions d’incarcération. La loi dite « Taubira » s’est fixé pour objectif le désengorgement des prisons. Mais les libérations massives aussi bien que la...

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