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N°2/2015

Prévenir la violence : une priorité de santé sociale

Delphine Davous Huber, Médecin généraliste Paris

Médecin généraliste, l’auteur est confrontée quotidiennement aux difficultés que rencontrent de nombreux Français issus de l’immigration : jeunes soumis à diverses addictions, adultes démunis ou défaillants dans leur mission éducative, femmes victimes de maltraitance… Quelques mois après les drames qui ont ensanglanté Paris, un plaidoyer ardent pour une action à mener en amont, en prévention de telles explosions de violence. 


Je suis médecin généraliste des « Orgues de Flandre », quartier de logements sociaux du XIXe arrondissement, à Paris. Dans ma salle d’attente, des dizaines de Mohammed, de nombreux Coulibaly, des musulmans et autant de juifs, mais aussi tant d’autres, patientent côte à côte. Que viennent-ils chercher ici ? Que puis-je pour eux ? Les écouter (me laisser toucher), les examiner (toucher pour comprendre)... Les aimer, surtout !    Aimer Saïd, ce jeune délinquant qui s’est égaré dans de sombres trafics et s’est quasi luxé la clavicule dans une bagarre. Le regarder avec bienveillance, poser ma main sur son épaule, la remettre en place... Lever la douleur... Là, c’est mieux : « Tâche de ne pas recommencer. Ce corps est précieux, respecte-le ! » Je n’ai presque jamais vu Saïd ici, mais je connais bien sa mère. Combien de fois a-t-elle consulté en pleurs pour avoir été battue et insultée par ce fils ? Essayer d’accompagner cette femme. Lui apporter mon soutien mois après mois, la relever,...

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