Retour à l'accueil | Médecine et société | De la modélisation numérique à la césarienne de la mort : la résistible ascension de l’homme-machine

Comment en sommes-nous arrivés, comme société, à envisager de proposer « la mort donnée » comme un service légal au titre de la liberté et de la dignité des hommes ? Cette « césarienne de la mort » qui consisterait à faire mourir les gens à l’heure dite, sur rendez-vous, de façon médicalisée et réglée (comme on parle de la chirurgie réglée face à la chirurgie d’urgence). Cédant à la tentation de nous rendre maître de la mort en la provoquant par anticipation. Parce qu’à une vision globale de la vie humaine, nous substituons une vision morcelée, réduite à des particules élémentaires, fournie par la numérisation de l’univers.


Le débat français sur les lois de bioéthique en 2018 a le mérite de cristalliser la pensée en termes anthropologiques. Les objets de ces lois sont la vie, de la conception à la mort, la transgression ou non des limites imposées jusque-là par les lois biologiques naturelles, le dépassement d’une humanité immuable définie depuis des millénaires au profit des possibilités nouvelles offertes par la technique jusqu’à transformer l’homme. Présentée comme un affrontement entre Modernes (progressistes et amis de la liberté personnelle) et Anciens (réactionnaires et prisonniers de l’antique coercition religieuse), la dispute s’est déplacée d’un terrain exclusivement politique vers une réflexion de fond telle qu’elle était formulée dans les propos liminaires de Jean-François Delfraissy, président du CCNE : « quelle société voulons-nous pour demain ? » Harmonieuse et respectueuse des attentes de...

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