Retour à l'accueil | Ethique | La démarche éthique en chirurgie : objectiver en restant libre

N°3/2010

La démarche éthique en chirurgie : objectiver en restant libre

Michel Caillol, Chirurgien orthopédiste Doctorant en philosophie pratique

 Bien faire techniquement sans pour autant se soumettre à la technique : ce double impératif fonde la démarche éthique du chirurgien orthopédiste.


 La finalité de tout acte de soin est de faire du bien au patient et la chirurgie, qui n’est qu’un moyen parmi d’autres, n’y échappe pas. Or il existe en médecine une antinomie entre le fait de prendre en charge une personne, un être humain, avec sa subjectivité, et celui de rester efficace dans le traitement, qui nécessite d’objectiver la personne, c’est-àdire de la réduire à son corps, objet de la science. C’est cette contradiction que souligne Paul Ricoeur, à propos des médecins tortionnaires nazis, lorsqu’il écrit qu’il n’y a en réalité que peu de différence entre ces bourreaux et un médecin ordinaire dans lamesure où tous utilisent nécessairement des techniques objectivantes. La frontière entre ces deux médecines réside dans leurs finalités. La médecine sera éthique lorsque la finalité sera de faire du bien en faisant (techniquement) bien ; elle sera tortionnaire lorsque l’objectivation du sujet sera poussée à la limite du mal, c’est-à-dire faire du mal en faisant...

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