Retour à l'accueil | Ethique | Euthanasie et modernité

Danielle Moyse démêle les liens volontiers établis entre modernité et maîtrise de la mort, progrès et euthanasie, par les partisans de cette dernière. Être moderne, au regard de la philosophe, ce n’est pas livrer l’homme à l’abandon d’une subjectivité autoadministrée, mais bien faire vivre toutes les dimensions relationnelles de son être-au monde et de son être-avec-autrui, de sa naissance à sa mort. 


Dans une tribune parue sur le site du journal Le Monde, le 16 novembre 2009, le docteur Isabelle Marin et le philosophe Jacques Ricot co-signaient un article intitulé « L’euthanasie est-elle de gauche ? ». Ils y rappelaient que le soutien à la légalisation de l’euthanasie est souvent considéré comme l’expression de convictions progressistes, comme telles de gauche, tandis que l’opposition à cette perspective serait soutenue par « les forces politiques réactionnaires, c’est-à-dire la droite ». Serait en effet réactionnaire « le respect religieux archaïque de la sacralité de l’existence humaine », et progressiste la promotion d’un sujet libre, décidant par lui-même de sa mort comme de sa vie.  Ainsi, pour améliorer la condition humaine – voire même pour l’humaniser – il conviendrait d’introduire dans la société, par l’intermédiaire du droit, tout ce qui peut contribuer à affirmer la maîtrise de l’homme sur les éléments qui l’entourent et sur sa propre existence. La légalisation de...

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